MasterClass pour la prise de parole en public et l’éloquence

masterclass prise de parole et eloquence

Masterclass animée par Laura SIBONY

Prise de parole en public & éloquence

Laura Sibony, enseignante et conférencière, prendre la parole en classe était un véritable calvaire. A Sciences Po Paris, la jeune Strasbourgeoise a découvert l’éloquence et cela a changé sa vie.

Elle a même fondé, en 2018 L’Ecole de la Parole.

  • Je ne me sentais pas légitime pour exprimer mes idées

“Dans ma famille, la discrétion faisait partie des règles du savoir-vivre. Mes grands-parents paternels, dont je suis proche et que j’admire, ont toujours le souci de ne pas “déranger”. J’ai donc appris depuis toute petite à ne pas m’imposer ou à ne pas parler pour ne rien dire. A l’école, j’ai vite été considérée comme la “binoclarde du premier rang”, le “mini-Pivot” qui se plaisait à corriger les fautes du professeur au tableau. Mon perfectionnisme m’interdisait d’en faire plus à l’oral.

Pour moi, il fallait être Cicéron ou de Gaulle pour avoir le droit d’exprimer tout haut ses idées. Manquant totalement de confiance en moi, je vivais dans la crainte d’être jugée. Il n’y avait qu’une seule chose qui me motivait pour aller au tableau : faire plaisir au professeur lorsqu’il insistait pour que quelqu’un se dévoue. J’avais alors l’impression de faire une bonne action. Me mettre en avant n’était plus un péché d’orgueil !

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  • Mon rêve ? Entrer dans le club de ceux qui savent parler

Le bac en poche, j’ai cédé aux sirènes de la capitale. Je sentais confusément qu’il fallait que je sorte de ma chrysalide strasbourgeoise. J’ai opté pour un double cursus : Sciences Po Paris et philosophie. Avec le recul, je réalise à quel point ce choix parlait de ma quête d’assurance. Tous mes camarades de promo étaient en effet de brillants orateurs, très à l’aise en société. Ils possédaient tous les codes !

A côté d’eux, j’avais l’impression d’être une provinciale, timide et réservée. Ces demi-dieux de la parole me fascinaient. Quand j’ai appris que le gros lot du Prix Mirabeau, un concours d’éloquence annuel inter-Sciences Po, était un aller et retour en train à Strasbourg, j’ai décidé de m’inscrire, après avoir demandé un sujet facile.

Je suis tombée sur : “Faut-il coucher pour réussir ?”, en devant répondre par l’affirmative. Une catastrophe pour la prude que j’étais. Mais impossible de me défiler dans ces épreuves par trio, et j’ai décidé de jouer le tout pour le tout : maquillée, en résilles et talons aiguille, j’ai commencé à débiter des blagues salaces, surprise de constater qu’il m’était plus facile de jouer un personnage sur scène que de prendre la parole en classe. Je m’exposais moins. Après ma prestation, j’ai été divisée entre la fierté et l’embarras…